A propos des skinhead noirs :subculture
blanche et influence noire .
Tout commence par un choc visuel dans
une expo photo à Londres. La photo d'un skin noir . Pourquoi ?Comment ? C'est pourtant bien cette subculture raciste qui a hanté mon
enfance dans les années 90.
De fait pour que cette photo fasse
sens pour moi j'ai du revenir aux sources du phénomène.
La subculture skin se place dans une
continuité d' évolution des cultures jeunes . Une des premières
subcultures britannique née dans les années 60 est celles des
Teddy boys . Il s'agit d'un des premier regroupement de jeunes en
subculture on entend par la des individus partageant des intérêts
communs et une culture communes (vestimentaire,musicale...) se différenciant ainsi des cultures plus larges auxquelles ils appartiennent . Ce
mouvement parfois considéré comme précurseur de la subculture
skinhead partage avec elle un important point commun : son
origine prolétarienne. Le mouvement skinhead naît d’une
revendication des jeunes prolétaires britanniques blancs ils s'agit
pour ces jeunes issus de la classe ouvrière de tirer une fierté de
leur origines prolétariennes dans une Angleterre traditionnellement
clivée en terme de classe et ou les moins privilégiés ressentent
très violemment le système de classes . Il s'agit donc de remettre
en causes les conventions sociales et d'une forme de résistance à
l'uniformisation et à l'assimilation des normes bourgeoises .
On retrouve cette idée dans le look adopté par les skins . Nick
Knight auteur de « Skinhead » explique par
exemple que le crane rasé est liée à l'idée d'institution ou l'on
plaçait les jeunes prolétaires , il étaient rasés dès leur
arrivés pour éviter les infections , de même les vêtements de
travail incorporé au look viennent rappeler les racines ouvrières .
L'auteur parle d'un « statut social déterminer à la simple
vue de l'apparence ».
C'est là que l'on note l'influence de
l'immigration afro-caribéenne notamment . Ces quartiers populaires
londoniens notamment ( Lambeth, Brixton) et l'east end en général
sont des lieux de rencontre ou évolue une jeunesse noire issus de
l'immigration et jeunes blancs désœuvrés . Ces jeunes noirs ont un
style particulier , une esthétique bien à eux celle du Rude boy ou
Ruddie. Leur tenue classique se compose d'une longue veste noire ou
d'un crombie , d'un pantalon noir révélant des chaussettes blanches
des chaussures noires et plates , lunettes noires et chapeau pork-pie
(ou stingy brims) complètent la tenue. On retrouve certains de ces
éléments dans la garde-robe des skinheads dit de première
génération.
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| 1981 Janette Beckman |
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| Rude boy and rude girl |
Les clubs et salles de concerts sont
aussi des lieux de rencontre entre les deux groupes. La chose
importante à constater c'est que cette diaspora afro-britannique et
Jamaïcaine notamment à crée une culture musicale unique et
particulière certes celle-ci porte les marques du « motherland »
mais elle devient en Angleterre un produit de la diaspora
afro-caribéenne. Elle me semble d'autant plus intéressante qu'elle
se détache de l'influence de la musique noire afro-américaine lui
confinant un aspect originale . Cette musique évolue à force de
nouvelles productions elle se diversifie du Rock steady au ska au
blue beat jusqu'au Reggea . Le rythme plait au skinhead qui ont fait
de la danse une de leur activité du vendredi soir . Les thèmes
évoqués (drogues , pauvreté , arrestations , amours déçus)
semblent aussi résonner et en adéquation avec le mode de vie de ces
britanniques blancs. Il est aussitôt adopté par ces derniers. Malgré
tout cela reste un style musical noir dans lequel on retrouve peu de musiciens blancs .
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| Prince Buster : Ska / rock steady/ reggae performer , producer , record label and store owner. |
Avec l'essor du rastafarisme cette musique prend
un nouveau tournant . Le rythme se ralenti et les thèmes changent pour
des thématiques liées à l'identité noire et le rejet de valeurs
blanches. Une grande majorité de noirs se détournent alors du
skinhead reggea ce qui si on ajoute la crise des années 80 et la
« dérive raciste » du mouvement signe la fin des
échanges et de l'influence des afro-britanniques et des skinhead
blancs.
Il ne s'agit pas dans cet article de
dédouaner l'aspect raciste et la violence inhérente au mouvement .
C'est un mouvement où la violence à une place importante ( les
vêtements par exemple sont pensés pour ne pas s’abîmer
en cas de baston) . Ce qu'il faut comprendre c'est qu'il y'a dans un
premier temps une connivence entre noirs et skins . Le mode de vie ,
la gouaille la personnalité extraverti des immigrés jamaïcains
plaît aux jeunes skins prolétaires qui s'y retrouvent. Ils adoptent
une attitude différente avec les immigrés d'origines asiatiques
(sri-lankais,pakistanais,bangladais, indiens) qu'ils considèrent
comme ayant une culture trop différente et par conséquent
non-assimilable. Ce sont eux qui subissent la violence du mouvement
dès ses débuts (on peut ajouter l'aspect homophobe ) . Ce qui m'a
intéressée c'est de voir comment l'apport de population noirs à
été plus ou moins oublié dans cette histoire , peu de gens savent que
des noirs ont influencés les débuts de la subculture skinhead ,
qu'il existait des bandes de skinhead noirs cela est du en partie à
l'évolution du mouvement à sa politisation et à son rapprochement
avec des thèses racistes et fasciste . Le deuxième sujet
intéressant et l’abandon (relatif) de cette culture par les
afro-britanniques . Quand une culture noire est largement approprié il me
semblent que nous noirs avons tendance à passer à autre chose ce
qui contribue à nous effacer de l'histoire de cette culture , je
pense notamment au Rock'n'roll que beaucoup associent aux blancs et
dont les débuts sont (trop) souvent symbolisé par Elvis.
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